samedi 4 juillet 2009

Entre sourire et larmes

Aujourd’hui, je suis parti avec ma mère à une fête organisée par l’école spécialisée de mon petit frère handicapé.

Comme à chaque fois que je viens en ce lieu, je ne peux m’empêcher d’enfiler un sourire pour y cacher la chaleur qui me vient aux yeux.

Quelle injustice pour ces enfants et leurs familles, quelle vaillance d’esprit aux formateurs de l’école et quelle bonté de la direction, me dis-je à tue tête.

Autiste”, quel triste mot. Je ne peux m’y faire. Comment cela peut être possible ? Pourquoi mettre un mur entre ces personnes et nous-même ? Pourquoi leur enlever la faculté de pouvoir vivre dans un monde aussi pourri que le nôtre ?

Ca me met mal à l’aise. Trop mal à l’aise. Ce sujet est trop dur pour moi… Je ne peux pas rester à sourire face à ces êtres amputés de lien social, amputés de vivre comme les autres.

Les gens traitent souvent de l’handicap moteur… Mais celui-ci est moindre que l’handicap mental, à mon avis. Au moins, les handicapés moteur peuvent s’en sortir seuls alors que les handicapés mentaux ont toujours besoin d’un couvert. Comment cela va-t-il se passer pour tous ses autistes quand leur entourage ne sera plus là ? Comment vont-ils communiquer avec les gens, ceux-ci ayant systématiquement peur d’eux, étant différents ? Puis, est-ce qu’il existera encore des êtres humains assez bons pour vouloir s’occuper d’eux ?

Je tiens à féliciter les formateurs de l’école à mon petit frère. Leurs travail doit certainement être compliqué mais tellement humain. “Aider son prochain”, c’est leur devise et c’est également une devise que j’aimerais connaître davantage…

Pauvre petits… quelle fatalité de les voir se tenir la tête, s’énerver sur des objets, crier des gargouillements. Et pourtant, ils sont à la fois souriants, insouciants, courant à gauche à droite de cette très jolie école dans les campagnes du Val d’Oise.

Et sous l’air que j’ai placé en haut de l’article, je ne peux constater que ce triste masque que je mets pour éviter de perturber leur petite fête d’été, celle où, enfin, leurs parents découvrent ce qu’ils font de leur journée, celle où, enfin, des parents aux mêmes problèmes se rencontrent et forment une joyeuse troupe qu’est celle de l’envie de voir vivre leurs chérubins dans un monde où, enfin, ils ne sont plus individuels… Où, enfin, ils vivent comme tout le monde, en communauté.

PS : Je tiens à préciser que pour l’handicap moteur, je trouve ça également triste. La seule chose qui m’embête vraiment, c’est qu’à la télé, ou dans les journaux, on ne parle QUE de l’handicap moteur, jamais (ou trop peu) de celui mental… Donc pardon aux handicapés moteurs, si vous trouvez cet article négatif à votre égard…

4 commentaire(s):

Gregoo a dit…

Joli article (et jolie musique).

C'est intéressant ce que tu écris à propos du "handicap" mental et la façon dont c'est perçu dans la société. J'ai toujours été "choqué" par la distinction qu'on pouvait faire entre les "handicaps" physiques et les "handicaps" mentaux (je n'aime vraiment pas employer ce mot "handicap", car c'est souvent un "handicap" uniquement du point de vue de la société). Comme s'il y avait une hiérarchie.

C'est touchant ce que tu écris, je me suis souvent demandé comment un autiste nous percevait (parce que l'autisme - de ce que j'en connais, tu me pardonneras si je dis des bêtises - est quelque chose de vraiment "à part", et qui conserve encore beaucoup de mystères). Peut-être que c'est nous finalement les "handicapés mentaux". Les inadaptés à leurs mondes.

Je pense que la question de savoir ce qu' "ils" deviennent quand leurs proches ne sont plus là (ou ne peuvent plus assumer) se pose aussi dans les handicaps physiques lourds. Et en France, nous avons énormément de retard sur ces sujets, bien malheureusement. On préfère ne pas voir tout ça, en se disant finalement que les familles s'en sortent bien par elles-mêmes. Et heureusement qu'il existe des gens qui consacrent leur temps et leur énergie pour aider ces familles.

iKaze a dit…

(f)

bryce a dit…

C'est touchant , et on te comprends ..le principal c'est que tu montres à ton frére que tu l'aimes comme il est ....les handicapés mentaux , sont des êtres humains comme tout le monde et ils ont de l'affection beaucoup plus grande et beaucoup plus intense qu'un sois disant "normal" !!!

McM a dit…

Pour la TV, c'est malheureusement assez simple, un handicapé moteur peut s'exprimer alors que ce n'est pas vraiment le cas pour une handicapé mental :-(